C'est dingue quand j'y pense...
En moyenne section, t'avais des coups de soleil, moi, ma cicatrice et on n'avait pas le droit d'aller au soleil. Alors on était sous le préhau, toutes les deux déçues d'être privé de récréation. Et c'est là qu'on s'est parlé la première fois, du moins, c'est ce qu'on raconte à tout le monde, c'est entré dans les moeurs. On était dans même groupe, le groupe vert.
En CP, on était habillées comme des sacs, on allait d'anniversaires en anniversaires, chez les uns chez les autres. Chez Blandine, rappelles-toi du délire "Mon petit poney " ! T'imagines, c’était y’à au moins 8 ans ! On est parties à la Turballe ensemble, avec Mr Neau et Mr Julienne. On n’était pas dans la même chambre par contre, mais juste en face.
En CE2, pour la kermesse, t'avais le plus haut de tous les chapeaux, et tu disais que ta robe de princesse bleue était la plus belle. J'étais jalouse de toi parce que t'avais toujours de super vêtements "Mot de Passe" achetés chez Dugui. Un jour tu m’as invité à venir voir ton chaton, c’était un 11 Août, cette date m’a marquée. Qu’il a grandit ce Titus ! ( heureusement qu’il ne s’est pas appelé Socrate ! )
En CM1 on faisait des exposés de notre plein grès ensemble. Un sur les chats, notamment, où on n’avait fait que recopier mes fiches. C’est à partir du CM1 qu’on a commencé à être toujours fourrées ensemble. T’étais fan de Mylène Farmer et tu me saoulais avec Matrix, selon toi, le meilleur film de tous les temps, qui détrônait même Forest Gump. On jouait un peu aux pogs, un peu aux billes. Tu voulais que je te donne mon cochon Naf-Naf. On est parties au Futuroscope, où on s’est payé la honte dans le bus, parce qu’on avait acheté des tigres en peluche et qu’une maîtresse nous a surprises à essayer de leur faire des vêtements avec des mouchoirs en papier.. J’ai déménagé à 50 m de chez toi. On était fan d’Alizée, on lui a même écrit une lettre. C’était le début de la folie " magazine ", à la recherche de posters, d’images et d’interviews. D’ailleurs j’étais jalouse de toi parce que tes parents t’achetaient toujours les derniers sortis, alors que moi je devais me les payer avec mon argent. Anaïs, elle vouait un culte à Britney.
On faisait des équilibres en culotte dans ton jardin. On a cru qu’on était des sorcières, mais on le pensait vraiment, on en était convaincues ! On récitait des incantations, on se sentait entourées de surnaturel… Par exemple, si un poster se décrochait, on pensait que c’était un signe. C’est tellement drôle à raconter maintenant. On était fan de Charmed. C’est de là que nous est venu notre délire. On adorait Alyssa Milano. La folie Diddl a commencé. On l’a vécu ensemble. Rappelles toi de nos porte-clés : le tien, rose et le mien, jaune. Dans la cour, alors que tout le monde jouait au loup, nous on allait s’asseoir par terre, près du portail , on était souvent trois : Arielle, toi et moi. On faisait des débats, c’était toujours les mêmes thèmes qui revenaient : stars et puberté. Ah, il nous obnubilait, ce mot ! On jouait à des jeux de paroles, comme " Vrai ou Faux " et " Chaîne de Mots ". On était toutes plus ou moins amoureuses d’Antoine Morineau. On allait chez Aylin, on se déguisait, on cuisinait des plats disons humm, spéciaux ? On appelait les esprits. On se faisait nos sensations. T’étais limite anorexique.
Puis on est passées en 6ème. On a connu Guillaume, cette année-là, on croyait que c’était l’amoureux de Marie Moisan. On a vécu notre entrée au collège ensemble, on se sentait si petites. On a créé un club avec Marie Moisan, le " Club des secrets ". On se retrouvait dans mon grenier 3 fois par semaine, on donnait 10 Francs par mois et avec, on allait acheter des boissons et des gâteaux pour les réunions. On voulait parrainer un enfant, on voulait aller à la SPA pour cajoler les animaux malheureux, on avait un bon fond, petites. On est parties à Joué-les-Tours, dans le cadre de la classe Estuaire. On s’est encore rapprochées durant ce séjour alors Marie M était plus avec Marion. " Cachou cachou ", je suis sûre que ça te rappelles pleins de choses. Les profs avaient organisé une " boom " de fin de séjour, soirée très " choc " car nous assistons à un roulage de pelle en direct. C'est cette année-là que tu es officiellement devenue "ma meilleure amie".
5ème, connaissance de Mariette ♥ , Katia, Pauline & Co. Dire que j’étais jalouse de Mariette ! Parce qu’elle était dans ton groupe en Techno / SVT, et que j’avais l’impression qu’elle " te préférait ". J’étais fan des L5, tu étais fan de Dark Angel. On s’engueulait parce que l’une trouvait que l’autre parlait trop de " sa passion ", où parce que l’une critiquait " la passion " de l’autre. On s’échangeait des lettres tous les matins. On pouvait se disputer parce qu’on voulait rentrer en passant par chez soi. " - On passe par chez moi. – Par chez toi ? Mais on passe toujours par chez toi – Toujours ? N’importe quoi ! etc " Les délires sur Rouillard et son string léopard. L’IDD sur les Milles et une nuit. T'as eu tes règles, moi je t'enviais. On commençait à sortir un peu, on avait invité Mariette à fêter Halloween. On bossait ensemble, on dormait l’une chez l’autre, on était toujours à côté en cours. On était encore très gamines.
Mais en 4ème, on s’est senties grandir. On a commencé à s’agacer avec les gars, avec Cham et Réglisse. ( vise la tête des noms de code ! ^^ ) On passait des heures à en parler. " Bilan de la journée ? " Les comédies et les coups de gueule de Zolger : inoubliables ! On a connu toutes les deux notre " période forum ", on était toutes les deux à moitié embrigadées par la découverte d’internet et accros au monde virtuel. On jouait si bien la comédie qu’on a réussi à faire croire aux autres que t’étais enceinte. On fabriquait des super panneaux en IDD comme par exemple : " Attention aux décibels ", accroché en Techno. En parlant de Techno : vive Blister, et l’authenticité de la boîte de camember. Le coup de la pince coupante aussi, quelle crise de rire ! Quand on partait en vacances, on s’écrivait toujours des lettres de 3 km. Et on apprenait aux autres des mots pervers. ^^
3ème, l’Espagne, toutes les deux hébergées par Teresa, notre adorable mama espagnole. Toi qui ne comprenait pas pourquoi je n’arrivais pas à tirer la chasse d’eau, et nous qui nous planquions dans l’escalier quand la lumière du hall s’allumait. Le flamenco, l’Alambrah, Centro Neptuno, les souks, la place des Fleurs, la nuit dans le bus dans notre super position. Les cours de Rouillard, les " statistiques " de la calculette, les exercices faciles que l’on finissait toujours rapidement. Le concours de la résistance pour rater deux heures de sport. Les TP de Mme Guénégo, le dossier agriculture ( " Merci à lui " ). Tu écrivais des textes pas toujours drôles sur ton blog, et moi je m’inquiétais. On était les deux seules connes à rire aux blagues du " Bourgeois Gentilhomme ". Nos copies étaient toujours les deux premières de la pile de Mme Curt. On se voyait le dimanche matin pour aller courir, ou marcher. Même si on se les caillait. On appréhendait le lycée, mais en même temps, on était pressées. On pensait que notre futur petit copain s’y trouvait. Une après-midi d’Août, coup de téléphone : " Ouais c’est moi. J’ai été voir les listes, on n’est pas ensemble. T’es avec Mariette et les gars, et moi je suis toute seule. "
La 2nde, séparées. On s’est éloignées, on ne se racontait plus beaucoup nos vies, on partageait plus grand chose… On continuait à se voir et à se téléphoner, bien sûr, mais ce n’était pas pareil. Je suis partie en Hollande sans toi, tu es allée à "la" fête sans moi… On a toutes les deux fait des erreurs durant cette année, ce qui a vexé l’autre, et ce qui a contribué à notre éloignement mutuel. Mais toi qui était plutôt timide, et qui te plaignait d’être " la copine de Camille " tu t’es épanouie cette année-là, tu as pris confiance en toi. Peut-être qu'il te fallait passer par là…
Et puis, par je ne sais quel miracle, depuis septembre et notre rentrée en 1ère S, nous revoilà dans la même classe. On a vite retrouvé notre complicité et nos petites habitudes, même si on n’a plus le temps de faire nos statistiques en Maths parce qu’on se creuse la tête pour comprendre les exercices. Même si on est passées d’un simple duo à un solide groupe de 6. Mais quand je demande qui m’accompagne pour aller acheter mon ticket, toi tu te lèves naturellement. Quand j’étais en pleurs samedi dernier, t’étais là. Deux personnes m’ont prise dans leurs bras au moment où je me sentais vraiment mal : ma mère et toi. Si tu savais comme ça m’a touché. On a grandi, on ne se dispute plus pour des broutilles, on a mûri ensemble, on a changé. On est plus posées, plus réfléchies, plus matures tout simplement, mais toujours aussi amies. On est devenues des pros au Taboo, et on est toujours solidaires quand ils s'agit d'aller s'engraisser. Tu fais tellement partie de mon quotidien… Je crois que je serai un peu perdue sans toi, sans nos fous rires ( "j’avais la haine ! " ), sans nos discussions interminables et nos coups de fil du dimanche. Parce qu'on a toujours quelque chose à se dire. On s’est engueulées, oh ça oui, des fois et des fois, mais jamais au point d’altérer ce qu’on était l’une pour l’autre.
On a tellement partagé de choses et j'ai tellement écrit que je ne sais plus comment terminer cet article. Peut-être simplement par des Mercis.
Merci pour tout ça, Merci d’être là, Merci d’être toi. ♥